Prier, c’est pour moi être attentive et bienveillante, laissant l’autre exister dans son altérité, souhaiter explicitement - quelle que soit la forme que prend cette parole - qu’il se déploie, jusque loin loin loin, même et peut-être surtout, l’amour alors culminant, loin de moi, ceci en lui donnant droit d’asile irréversible en mon cœur, comme le féminin prend sous une aile douce et le masculin garde en sa mémoire, qui, en hébreu, est virilité, et tient, tient, tient par delà les sautes d’humeur. 

Alors, je crois que Dieu - le Jour, la Vie - prie, nous prie. 

J’ose donc croire qu’il me prie, en même temps que je le ressens comme absence. Absence ? Oui, délicieuse absence : étrange et étrangère, indifférente et attentive voire minute après minute attentionnée, n’existant peut être pas, comme la licorne dont j’aime à dire qu’elle seule sait qu’elle n’existe pas… 

Ce n’est pas pirouettes verbales de ma part que de dire cela. C’est respect. Je n’enfermerai pas le réel, la Vie, Dieu s’il existe dans mes affirmations et négations, perceptions, ressentis, raisonnements, foi, non-foi et savoirs, espoirs, espérance et peurs, angoisses et vouloir.

18/06/2022

C’est le lieu où j’apprends ma vie du moment, selon la dynamique qui lui est propre et appropriée. 

En ce temps de mon existence, autres rythmes, autre sommeil, autre alimentation ? Passage à autre chose ?

22/04/2022

Je marche au bord de l’eau. Je découvre à Strasbourg des rives que je ne connais pas, dans les parages d’une de mes nouvelles activités en retraite. J’en ai conscience, si je marche là, c’est parce que je suis bien après l’entretien avec celui qui peut-être sera mon parrain dans cet investissement avec formation et groupe de parole et suivi.

15/04/2022

Je me dis : Il repose, Il n'a plus mal.

Je me dis :  Il descend descend descend pour nous chercher, et, Seigneur de la Danse joyeux et doux, nous inviter, sans forcer, nous faire monter avec lui, si nous le voulons, comme nous le pouvons, en torche de lumière.

Belles fêtes à nous tous !

06/04/2022

J’ai depuis 15 ans tous les signes premiers d’une leucémle, mais pas les signes secondaires et je suis toujours en vie donc je n’ai pas de leucémie. Visite de contrôle une fois par an. C’est tout à l’heure.

05/04/2022

Je me levai tôt comme prévu, pas bien, un fond d’angoisse plus difficile à vivre ce matin-là que les autres jours. C’était sans doute compréhensible à l’approche de ma consultation annuelle en oncologie, deux jours plus tard.

02/04/2022

Café dans la Neustadt le matin tôt. Du blanc et un peu d’or pour les murs, du taupe associé à un violet passé pour les fauteuils et banquettes, c’est un XIXe siècle parfaitement revisité, et de ce fait célébré, alors qu’il devait être éliminé par un projet immobilier autre.

29/03/2022

Le ″smig″, ne serait-ce que 10 mn par jour, d’une assise en indien bien droite au sol, que j’en aie envie ou non, devant ou sans ou avec ou pour la Vie…, assise qui n’est plus celle de la méditation pour moi mais son prolongement par elle offert, prière, est un privilège pour lequel j’entends me battre contre moi-même, un avantage acquis que je dois et veux protéger.

Evelyne Frank

21/03/2022

Le texte de Péguy, Eve, lu pour moi-même en mon anniversaire de baptême comporte aussi ceci que je connais bien : « Et moi je vous salue ô la première femme / Et la plus malheureuse et la plus décevante ». Ces vers ont ce jour-là comme toujours attiré mon attention mais sans provoquer la douleur ancienne qui est mienne, sans rien éveiller du tout ,semblait-il. Sauf que….

14/03/2022

Ceux, celles qui me connaissent, je les reconnais au fait qu’ils savent ou comprennent que ce jour, anniversaire de mon baptême, alors même qu’il fut difficile et presque clandestin, compte pour moi beaucoup, plus que celui de ma naissance, bien qu’un voisin

09/03/2022

Dans mes engagements quotidiens, il est beaucoup question d’ « accompagnement ». Le mot me fait toujours sursauter, à cause de quelque chose de surplombant en lui s’il n’est pas pris au sens littéral, ce dont je ne suis pas toujours sûre de la part de qui l’utilise : ″partager le pain et, silencieusement, la vie qui est, par mode de présence absence, en la fraction du pain″. Emmaüs donc, Lc 24.

07/03/2022

L’autre soir, comme je rabattais la couette soyeuse de mon lit – un lit de fer pourtant, un lit de camp ! - et posai la tête sur l’oreiller brodé d’un lys, ma dernière parole, adressée à la Vie avant de m’endormir aussitôt, avait été celle-ci :

06/03/2022

J’ai lu dans un commentaire juif, La Voix de la Thora, Elie Munk, Fondation Samuel et Odette Levy, 1981, p. 195, pour Gn 19, 27, à savoir « Abraham se dirigea de bon matin vers l'endroit où il s'était tenu devant le Seigneur ( ... ) » : « importance d'une place constante comme lieu de prières (…) au rendez-vous ».

Evelyne Frank

03/03/2022

Je suis allée prier en l’église orthodoxe… russe. Je l'ai fait, avec réticences, mais au nom de l’Evangile. Il me dit en effet de traiter l’autre, déviant et refusant d’entendre, comme les publicains de son temps, mis au ban de la société.

08/02/2022

Je considère que, quand j’éprouve ne serait-ce qu’une seconde le désir de m’asseoir en Indien pour prier, ″Dieu″ me prie, m’appelle, m’invite à le faire. Je considère que, quand je pense soudain à un absent, la Vie me prie, m’appelle à, m’invite à lui écrire aussitôt.

05/01/2022

Pour Dieu : Qu’il n’ait jamais (eu) à regretter de m’avoir fait advenir dans le monde Pour les autres : N’avoir été qu’encouragement toujours Pour moi : avoir toujours été entière, fière, frontale, ayant osé

Evelyne Frank

16/12/2021

Laisser à ma prière, comme à toute chose, la chance de l’après-coup. Sur le moment, en étant là disponible, je m’ennuyais, ça ne « cassait pas des briquettes ». Avec du recul, je peux dire «C’était vraiment bien, ce temps!».

12/12/2021

3e dimanche de l’Avent. D’aucuns disent qu’en ce jour, dans le cours annuel des astres tout particulier, il est bon de demander. Peu m’importe le jour et le cours des astres dans ma réflexion. Je ne demande que rarement au Vivant. Mais pourquoi pas apprendre ? Christ dit de le faire ! Je demande à la Vie aujourd’hui d’être plus aimante à son égard.

11/12/2021

A la relecture de ma semaine, je me dis que l’autre soir j’ai prononcé sans mot dire l’une des plus belles prières de mon existence. C’était tout simple. J’ai posé la main droite sur mon épaule gauche, ma main gauche sur l’épaule droite. Mon dos s’est doucement incurvé. J’ai souri et murmuré : « Tu m’aimes, mon Dieu. »

Evelyne Frank

09/12/2021

Je me souviens de ce que m’a appris pour ma prière le prince Merzah. J’étais en clinique pour suivi post-opératoires le mois dernier. Homme de service - c’était son titre honorifique et sa distinction dans tous les sens du terme, puisque Jésus dit que l’on sert parce qu’on est roi -,

05/12/2021

Oui et non. Oui, parce qu’autant je suis protestante autant je suis pélagienne…. J’ai de la sympathie pour la prière des moines irlandais venus évangéliser l’Alsace,

03/12/2021

Quand j’étais enfant, ma grand-mère maternelle disait, aux heures pour quelqu’un difficiles : « Do, mie-mer viel batta ! ». On aura reconnu dans ce « batta », le verbe allemand « beten ». On traduira :

Evelyne Frank

02/12/2021

Pas possible de s’ennuyer : il suffit que je prie le nom de chacun, autrement dit que je prononce son nom dans le secret du cœur tabernacle et devant les grands ciels, avec douceur.

30/11/2021

Oui, je ne sais si mon Dieu existe mais il m’accompagne, me dis-je, reprenant ici les mots d’une femme pasteur ou rabbin. C’est beaucoup dans la prière, ou plutôt en son après-coup, que j’en ai la perception ou le sentiment.

Evelyne Frank

28/011/2021

La prière, je me dis qu’il se pourrait bien que ce soit comme dans ces vers, que j’aime tant, de Pierre Emmanuel :