29/06/2026
Toujours cette acuité grandissante du regard en l'âge. Mais aussi cette force neuve pour assumer !
Je me disais tout à l'heure : « Ceux que j'ai rencontrés tout au long de mon existence, je les ai profondément aimés, engageant toujours dans chacun de mes actes et chacune de mes paroles tout mon être. Or aucun ne semble avoir pu s’en rendre compte. »
De fait, toute relation est toujours dissymétrique.
Et puis, il n’est pas sûr que personne ne se soit rendu compte : il y a tout le mystère de l’autre.
Quoi qu’il en soit, ce que j'ai comme une enfant donné, qui était à chaque fois ce que j'avais de plus beau, n'a pas été perdu puisque, moi, je sais que j'ai fait l'offrande de tout mon amour.
Cette réflexion est la suite de ce que j'ai pris l'habitude de faire dans la rue. J'y dis bonjour ou souris que la personne regardée s'en rende compte ou non. L'essentiel n'est pas que l’autre le sache. L'essentiel est que la bénédiction – littéralement "le bien dit" – soit. Le reste ne me regarde plus. Mon attention doit se porter simplement sur le fait de dire de la part de la Vie et de moi-même le bon, le doux, sur et pour autrui.
Et ceci encore succède à une autre réflexion, bien plus ancienne, comme seule je regardais un beau tableau au musée et déplorais de ne pouvoir partager mon émotion avec un époux : « Au lieu de vouloir que l'autre vive ce que tu vis, applique-toi à bien vivre ce que tu vis. »
