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26/06/2026

Je peine, comme les autres, sans doute moins que la plupart. Simplement il y a mon âge maintenant.

Ne ressentant ni la chaleur, ni la faim ni la soif, très fatiguée, sujette à plus de palpitations cardiaques brèves au repos, parfois nauséeuse, ayant perdu deux kilos alors que je n’en ai que 43 pour 1m 63, je semble flirter en ce temps de canicule avec une limite. Si cette chaleur extrême se prolonge sur des jours et des jours, je ne suis pas sûre d’y survivre. D’autres, de ma génération, me le laissent aussi entendre en ce qui les concerne, quand nous nous quittons après un revoir, sans peser, juste par allusion. Simple réalisme. 

Je veux - ce verbe est important - faire quelque chose de ce que je vis là. J’apprends ainsi un nouvel horaire, propice à la façon dont je sculpte cette étape de mon retrait. Je vois que je suis trop dure avec mon corps quant aux rythmes, dans les gestes du réveil sans transition entre les positions allongées et debout, ma hâte du matin où je suis trop speed pour lancer la journée, ma façon de m’hydrater en bonnes quantités mais tout d’un coup en trois fois trop grandes, des soirées trop chargées en activité. Comme en ce temps de canicule mon corps me dit qu’il en a plus qu’assez, je l’écoute, tiens compte de règles de vie plus adaptées. Ce m’est facilité par le contexte général où l’on nous enjoint à tous ralentir à cause de la canicule, pour ne pas esquinter notre santé à tous. 

Concrètement, je mets tout ceci en pratique et ce qui était corvée - ralentir - devient jeu. Je ne gagne pas toujours la partie et il y a des couacs. 

Bien sur, la peur m'habite. Bien lucide quant aux risques - coeur, cerveau – j'ai cette nuit rêvé qu'un avc me laissait handicapée. Significatif ! Et c'est quand même impressionnant de voir parfois ces temps-ci un long stationnement de l'ambulance dans la rue voire devant la résidence senior... 

Mais il y a pour moi la satisfaction de promouvoir par cet apprentissage mon ambition spirituelle, laissant le corps instruire l’âme. Oui, ceci me plaît ! J'ai la chance, sans doute parce que l'obligation faite par la loi d'une salle climatisée en résidence, que la canicule, qui m’éprouve quand même beaucoup, n'entrave aucunement mais au contraire affine ce que je veux faire de mon existence jour après jour. Oui, je suis privilégiée.